dna a écrit : Départ de Gary O’Neil : le Racing Club de Strasbourg s'active pour trouver son successeur
Si l’information n’est pas encore officielle, Gary O’Neil (43 ans) va bel et bien quitter le Racing six mois à peine après sa nomination. Le technicien anglais doit rentrer chez lui et rallier Ipswich, promu en Premier League. Au club alsacien, on reste pragmatique et on s’adapte à la nouvelle donne.
Rétrospectivement, il convient de dire que Gary O’Neil s’était quelque peu emballé.
Mi-mai, à la veille du baisser de rideau sur la Ligue 1 avec un spectaculaire Racing-Monaco à la Meinau (5-4), le Londonien avait déclaré sa flamme à Strasbourg, sa culture, sa gastronomie, son club et ses supporters.
Dans un grand sourire, il avait conclu l’interview par un vibrant : « Si on me dit que je peux rester dix ans, y connaître du succès et gagner des trophées, je signe tout de suite ».
La longévité à la Laurey n’est plus dans l’air du temps
Un mois plus tard, c’est au bas du contrat d’Ipswich Town FC que le coach va apposer sa griffe. Une volte-face que personne au Racing n’avait vu venir.
À commencer par le président Marc Keller, qui s’était dit « très content » du travail d’un entraîneur « impliqué et motivé » déjà projeté avec appétit sur la saison 2026-2027.
Jusqu’en milieu de semaine passée, rien ne laissait supposer un éventuel départ alors que son contrat court jusqu’en 2028. Mais il faut croire que l’appel de la Premier League est plus fort que tout.
Comme son prédécesseur Liam Rosenior qui avait cédé début janvier aux sirènes du club-frère de Chelsea, O’Neil s’est laissé convaincre par le “petit” promu de l’Est de l’Angleterre situé à deux heures de route de la capitale où résident sa femme et ses trois enfants.
En partance pour Boston, où il assistera vendredi au troisième match des Bleus contre la Norvège, Marc Keller n’a pas souhaité commenter ce départ impromptu.
Dans les bureaux de la Meinau, ses collaborateurs ont donné ce lundi le ton de la pensée présidentielle.
« C’est une déception, mais pas non plus une surprise », commente-t-on tout en insistant sur le fait que rien n’était encore à ce moment acté noir sur blanc entre Ipswich et le Racing. « Voir des entraîneurs s’inscrire sur le long terme, comme Thierry Laurey chez nous (cinq saisons entre 2016 et 2021) n’est plus dans l’air du temps. »
S’il existe bien l’exception Luis Enrique au PSG – mais le club parisien est une exception à lui seul –, les entraîneurs de Ligue 1 ont la bougeotte, de manière contrainte ou volontaire.
Depuis le départ de Pierre Sage, « il ne faut plus s’étonner de rien »
Le nouveau mètre étalon en la matière est à trouver du côté de Lens. Au sortir d’une première saison historique conclue sur les talons du PSG, avec une qualification en Ligue des Champions et un triomphe en Coupe de France à la clé, Pierre Sage n’a pas fait de vieux os en Artois.
Lui aussi, pourtant, avait clamé son amour pour la région et le maillot, avant de traverser fissa la Manche pour rejoindre Crystal Palace qui a déboursé entre trois et cinq millions d’euros pour casser son contrat. « À partir de là, il ne faut plus s’étonner de rien », en déduit-on à la Meinau.
S‘il entend lui aussi faire valoir ses droits et récupérer une coquette indemnité de transfert, le Racing alsacien sait que la récente valse de ses entraîneurs anglais va donner le tempo aux détracteurs du projet BlueCo , même si le club tient à dissocier les deux cas de figure.
« Quand Liam (Rosenior) est parti à Chelsea, c’était une situation délicate parce qu’il a fallu agir dans l’urgence (à la suite du départ d’Enzo Maresca de Londres, ndlr) , et que l’on parlait du lien entre deux clubs qui ont le même propriétaire, indique-t-on. Dans le cas de Gary O’Neil, il s’agit d’un club tiers, sans lien avec la multipropriété. » En creux, le Racing veut aussi faire passer le message qu’il n’est pas effrayé par la nouvelle donne, à rebrousse-poil de l’image un peu conservatrice et old school – vieille école – qu’il a longtemps véhiculée quand les actionnaires alsaciens étaient aux manettes.
« On s’adapte et on avance, sans pression ni stress, notre ambition n’est pas altérée », précise-t-on.
Quinze jours pour trouver le coach providentiel
Reste désormais à savoir qui sera à la tête de l’équipe le 8 juillet, jour de la reprise à la Meinau.
Le directeur sportif David Weir et son équipe ont rouvert les dossiers avant même que Gary O’Neil ne soit officiellement parti.
Seule certitude, les noms inscrits sur la short-list de janvier –ceux de Filipe Luis ou Frank Haise avaient fuité – ne sont plus d’actualité puisque les deux techniciens ont entre-temps retrouvé un emploi.
Il reste une quinzaine de jours pour trouver le coach providentiel. Celui qui sera à même de développer sans tarder le potentiel de la jeunesse bleue.
Personne ne lui demandera de dire qu’il aime Strasbourg ou la tarte flambée. Et même si l’envie lui en prenait, on ne sera pas obligé de le croire.
Le chiffre
3
Sur les dix-huit clubs de Ligue 1 à l’orée de l’exercice 2025-2026, seuls trois ont encore le même entraîneur douze mois plus tard : le Paris SG (Luis Enrique), Lyon (Paulo Fonseca) et Le Havre (Didier Digard). Les quinze autres ont changé soit en cours de saison, soit à son issue, parfois même les deux, comme probablement le Racing.