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« Toute l'actualité du Racing Club de Strasbourg Alsace vue par ses supporters »
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 Histoire du Racing 
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Très bel article, merci Kaniber ;)

Pas forcément les vedettes dont on se souvient le plus qui portent tellement et si longtemps après notre racing dans le coeur. Émouvant , bravo !


7 Aoû 2017 16:18
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Sympa oui même si MGhoghi n a pas laissé un souvenir impérissable comme ses amis belges Miceli ou Kinet :oops:

_________________
Vade retro Rudi Garcia...bouh t'es moche quand tu chouines


7 Aoû 2017 18:47
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dna a écrit:
Dans le rétroviseur -

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Le Racing fête les quarante ans du titre historique : retour sur l'apothéose lyonnaise
Le 1er juin 1979, le Racing décrochait le seul et unique titre de champion de France de son histoire. À la faveur d’une victoire écrasante à Lyon (0-3), il a atteint un sommet rare, inédit, éternel.
C’est évidemment une autre époque. Il n’est plus question d’envisager une saison professionnelle à seulement 13 joueurs payés pour jouer. Il n’est pas concevable de défier les concurrents de l’élite avec… un seul étranger dans son effectif. Il n’est plus l’heure d’une trêve hivernale de cinq semaines. Il n’est plus le temps de suivre les exploits de ses champions grâce à quelques lignes dans le journal ou quelques voix dans un poste de radio.

Mais les Bleus d’ici ont bel et bien été les auteurs d’une immense conquête il y a quarante ans, dominant un championnat quand la France se divisait entre le Vert stéphanois et le jaune canari.

« On se sentait vraiment costaud »


Ils ont réussi un exploit retentissant en tenant tête, dix mois durant, à ce qui se faisait de meilleur en D1. Troisièmes la saison précédente, mais regardés avec condescendance, ils ont pris la tête du championnat dès la cinquième journée, au mois d’août, à la faveur d’un nul à Reims.

Le Racing ne la perd plus jusqu’au terme de l’avant-dernière journée et une éclatante victoire face au Paris-SG (3-0) dans une Meinau pleine jusqu’à la gueule.

Le capitaine Novi et ses copains conservent leurs deux points d’avance avant le déplacement à Lyon, ultime étape de leur formidable aventure.

Dans le sillage du onze très alsacien ( sept sur les 12 joueurs ayant participé au Lyon - Racing sont originaires de la région) et “made in France” (seul Toko le Tchadien est étranger parmi les 16 éléments ayant participé à la saison ), la meute n’a pas lâché la pression.

Le leader, en ce matin du vendredi 1er juin 1979, est sous la menace de Nantes et Saint-Etienne. Mais la pression glisse sur le groupe arrivé à Lyon, pour la traditionnelle mise au vert à la veille de la rencontre.

« On était bien préparé, on se retrouvait dans de bonnes conditions avant ce dernier match, souligne Albert Gemmrich, le buteur patenté. On affrontait le 7e du championnat mais on aurait pu affronter le Real ou le Barça, cela aurait été pareil. Tu es premier et il n’est pas question de lâcher. Gilbert Gress, l’entraîneur, avait fait sa causerie en fin d’après-midi, comme d’habitude. Mais il ne disait pas grand-chose généralement. Ce dont je me souviens, c’est que cela a paru long jusqu’au coup d’envoi. »

Les Bleus avaient quand même rendez-vous avec l’Histoire. Leur parcours au long cours avait forgé un mental et une conviction.

La saison 1978-1979 avait débuté presque onze mois auparavant par une victoire face à… Lyon (1-0) à la Meinau.

« En fait, c’est la victoire face à Saint-Etienne, au mois de septembre, qui m’est apparue comme le déclic, rappelle Léonard Specht, le pilier de la défense alsacienne. Il y avait presque 37 000 spectateurs à domicile, c’était un match au sommet. Et on avait dominé les Verts, la référence à l’époque (2-1). Le président Rocher et l’entraîneur Herbin avaient dit qu’on les avait impressionnés. »

Sept mois et demi après, la dynamique ne s’est pas essoufflée. Et dans leurs beaux maillots bleu marine estampillés, le capitaine Duguépéroux ( Jacky Novi, habituel porteur du brassard s’était blessé lors du match précédent) et ses coéquipiers n’ont pas l’intention de laisser passer l’immense occasion.

« On se sentait vraiment costaud, c’était l’accomplissement d’un groupe, considère Jean-Jacques Marx. En fait, ce titre vient consacrer deux saisons exceptionnelles. On est notamment resté invaincu pendant deux ans à la Meinau. »

Le 18 mai dernier, quelques uns des anciens champions étaient de passage à la Meinau, un soir de match...

Roland Wagner signe un doublé


« Il y avait des milliers de supporters à Gerland », rappelle Léonard Specht. « Effectivement, il y avait du monde pour nous soutenir, prolonge Jacky Duguépéroux. Mais il y avait la conviction aussi qu’on constituait une équipe de qualité. C’est la grande leçon que j’ai retenue de cette saison. Il n’y a qu’avec des bons joueurs que tu peux aller loin. »

Sur les coups de 20h30, le Racing a pour seul objectif d’atteindre la ligne d’arrivée invaincu pour sa dernière sortie.

Dominique Dropsy bloque un coup franc cadré de Chiesa. La suite se passe comme dans un rêve. Un long “une-deux” Specht-Wagner aboutit à l’ouverture du score du second sur un centre du premier (22e ).

« Ce n’était pas complètement inédit, explique le passeur. On développait un football total, avec des défenseurs qui attaquaient et des attaquants qui défendaient. D’ailleurs, dans la saison, j’avais mis quelques passes décisives. Et notre jeu était l’expression d’une énorme confiance en nous. »

D’ailleurs, “Léo” est même l’auteur d’un doublé de passes décisives puisque sa remise de la tête trouve le même joueur, auteur d’un doublé (26e ).
« On n’a pas vraiment douté »


Ces deux buts, son auteur s’en souvient bien. « Sur le coup, je suis une fois au premier poteau, une fois au second, et j’ai vécu le moment tout à fait normalement, se souvient Roland Wagner. En fait, cette victoire, comme ce titre, c’est le fait d’une équipe de copains. Il y avait sept Alsaciens dans l’équipe, il y avait des liens forts. »

« Il y avait même deux Haut-Rhinois », en rigole Yves Ehrlacher. Le blond du milieu a paraphé le succès pour le transformer en démonstration.

Sur un centre de… Roland Wagner – décidément en état de grâce ce jour-là – à l’entrée de la surface, il décoche une volée qui fait mouche.

« J’avais mis trois-quatre buts avant dans la saison (cinq en tout, ndlr) mais celui-là était sans doute le plus foireux, indique le troisième buteur du jour béni. L’important, c’est qu’il était au fond. D’un autre côté, on était largement au-dessus de Lyon. Cela a peut-être soulagé tout le monde mais on n’a pas vraiment douté. »

La préparation d’avant-saison qui reste dans l’esprit de tous les héros a permis au Racing de terminer comme un avion de chasse. « On avait ce niveau parce que Gress nous avait mis minable à Grünberg, considère encore Yves Ehrlacher. On en avait vu de toutes les couleurs. »

La fin du match se déroule dans une atmosphère surréaliste. Des milliers d’Alsaciens sont le long de la ligne de touche et attendent impatiemment le coup de sifflet final.

Quand il retentit, « c’était bizarre car il y a eu envahissement du terrain, rappelle Raymond Domenech, le dur parmi les durs en défense. Dans ces cas-là, tu te réfugies dans le vestiaire. On n’a pas trop eu le temps d’apprécier. »

Au micro, Gilbert Gress évoque la suite, annonce les mouvements du prochain marché d’été comme le départ de Jacky Duguépéroux qui venait de vivre son dernier match pro.

La fête est collective, le public lyonnais se réjouissant de l’échec des Stéphanois. « C’est un peu comme quand le PSG a perdu contre Bordeaux au Parc, il y a vingt ans, ce qui avait privé Marseille du titre, poursuit l’ancien sélectionneur de l’équipe de France. Moi, en tant que pur Lyonnais, j’avais gagné deux fois car Saint-Etienne était battu. »

Avec un retour triomphal, avec une empreinte inoubliable, le Racing s’est révélé ce jour-là un gagnant pour l’éternité. Au moins une année.

Les champions de France


➤ Dominique Dropsy (né le 9 décembre 1951, à Leuze, décédé le 7 octobre 2015, à Bordeaux

➤ Albert Gemmrich (né le 13 février 1955, à Haguenau)

➤ Francis Piasecki (né le 28 juillet 1951, à Talange, décédé le 6 mars 2018)

➤ Léonard Specht (né le 16 avril 1954, à Mommenheim)

➤ Raymond Domenech (né le 24 janvier 1952, à Lyon)

➤ Roland Wagner (né le 22 décembre 1955, à Drusenheim)

➤ René Deutschmann (né le 17 novembre 1951, à Strasbourg)

➤ Joël Tanter (né le 5 février 1951, à Vannes)

➤ Jean-Jacques Marx (né le 23 mai 1957, à Fegersheim)

➤ Jacques Novi (né le 18 juillet 1946, à Bellegarde)

➤ Yves Ehrlacher (né le 6 octobre 1954, à Sundhoffen)

➤ Jacky Duguépéroux (né le 2 janvier 1948, à Saint-Malo)

➤ Roger Jouve (né le 11 mars 1949, à Marseille)

➤ Toko (né le 21 août 1952, à Ndjamena)

➤ Jacques Vergnes (parti à Bordeaux au mois d’août 1978, né le 21 juillet 1958, à Malagas), ➤ Rémi Vogel (né le 26 novembre 1960, à Strasbourg, décédé le 17 octobre 2016)

➤ Bernard Tischner (né le 9 septembre 1959, à Soultz-les-Bains)

➤ Arsène Wenger (né le 22 octobre 1949, à Strasbourg)

➤ André Wiss (né le 8 mai 1959, à Colmar)

➤ Jacques Glassmann (né le 22 juillet 1952, à Mulhouse)

➤ Eric Mosser (né le 19 janvier 1959, à Roppenheim)
Les buteurs

Albert Gemmrich 17 ; Francis Piasecki, Roland Wagner 14 ; Jean-Jacques Marx 6 ; Yves Ehrlacher 5 ; Joël Tanter 3 ; Raymond Domenech, Léonard Specht 2 ; René Deutschmann, Toko, Jacques Vergnes 1
Lyon 0 / Racing 3

Stade Gerland. 25 959 spectateurs. Mi-temps : 0-2. Arbitre : M. Verbecke

Les buts : Wagner (22e , 26e ), Ehrlacher (65e )

Avertissements : Wagner (26e ), Domenech (50e )

LYON : Cheveau - Paillot, Jodar, Desbouillons, Genet - Carrié, Tigana, Valadier - Chiesa (cap.), Gallice, Ferrigno (Maroc, 59e ). Entraîneur : Aimé Jacquet.

RACING : Dropsy - Marx, Duguépéroux (cap.), Specht, Domenech - Deutschmann, Ehrlacher, Piasecki (Vogel, 46e ) - Tanter, Gemmrich, Wagner. Entraîneur : Gilbert Gress.



1 Juin 2019 11:31
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dna a écrit:
Épisode 1 :
Quand Joël Tanter s’est marié (11 mars 1977) Joël Tanter, la Coupe après les coupes

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Le 11 mars 1977, Joël Tanter, feu follet du Racing champion de France deux ans plus loin, a vécu une folle journée. Avant de battre Lille en Coupe de France, il avait dû boire quelques coupes.

C’était un autre temps, assurément ! Les footballeurs professionnels, déjà choyés, avaient le salaire d’un cadre moyen-supérieur. Et le Racing jonglait avec légèreté entre la D1 et la D2 d’alors.

« C’était souvent le bordel. Il y avait même deux dirigeants d’envergure qui avaient demandé à Elek Schwartz, l’entraîneur de l’époque, de ne plus me titulariser. Sinon, le club n’aurait plus de subvention municipale, avaient-ils menacé, rigole Joël Tanter. Il les avait envoyés balader. »

André Hahn « m’a accordé la nationalité alsacienne le jour de mon mariage »


Faut dire que le bonhomme était un sacré Monsieur, il avait entraîné le Benfica Lisbonne d’Eusebio avant de goûter une paisible retraite du côté de Haguenau, à devenir artiste-peintre.

Il avait été appelé en cours de saison, alors que le Racing végétait en D2. « On était tombé la saison d’avant. Lors du dernier match contre Sochaux, il devait y avoir 1 200 spectateurs à la Meinau. »

Voilà pour le contexte, mais voici le fameux 11 mars 1977 déjà, où Joël Tanter avait pris pour épouse Fabienne.


« On avait fait publier les bans, etc, etc. C’était prévisible, comme le fait que Robert Grossmann nous unisse à la mairie de Strasbourg avec, comme salarié à l’état civil, André Hahn, qui deviendra mon ami (il est à la commission centrale de la Coupe de France, ndlr). »

Le détail qui pique, moins prévisible, c’est que le Racing s’était qualifié pour les 16es de finale de la Coupe de France. Et jouait face à Lille ce même vendredi. « La cérémonie avait lieu à 15h, le rendez-vous au stade de la Meinau pour la collation était à 17h. »

Mais la chose fut faite et bien faite. « Robert (Grossmann) avait heureusement réalisé un premier exploit en lisant un discours assez court. Il y avait les témoins et j’avais invité, comme joueurs, Albert Gemmrich, Heinz Schilcher et Ivica Osim. »

Tout le monde avait pris la route de Koenigshoffen, pas loin du CREPS, où résidait Heinz Schilcher. « On a ouvert deux ou trois bouteilles de champagne, puis mon épouse a mis le Baeckhoffe au four. Il a cuit pendant qu’on affrontait Lille. Un timing parfait. Et moi, j’avais des jambes de feu », éclate de rire celui qui était venu à Strasbourg pour… son école hôtelière quelques années plus tôt.

Ce soir-là, le Racing avait donc écrasé les Lillois (4-0), avec un Joël Tanter des grands soirs. « C’est la première fois que le public de la Meinau avait scandé mon nom », sourit celui que les fans surnommeront ensuite “Bip-Bip” pour ses dribbles déroutants. Le Breton barbu distribuera trois passes décisives.
La bienveillance de Schwartz

« Comme j’aimais beaucoup Elek Schwartz, auquel je rappelais Gento (six fois vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid) , je l’avais prévenu de mon mariage quand j’étais arrivé au stade. Il m’avait simplement félicité, sans se fâcher. C’était un Monsieur d’une humanité exceptionnelle. »

Après un match nul à Lille, le Racing, qui allait remonter en D1, se faisait ensuite éliminer par le très grand Nantes, futur champion de France.

« On avait perdu 2-0 là-bas, on menait 3-0 à la Meinau. J’avais mis le troisième but, mais les Nantais ont marqué, nous éliminant. »

Joël Tanter remontera en Division 1, remportera le seul titre de champion de France du Racing en 1979. Il se reconvertira comme cuisinier, terminera responsable de la choucroute à l’Ancienne Douane.

Désormais retraité, il arpente les terrains de foot d’Alsace, toujours dans les pas d’André Hahn. « Il m’a accordé la nationalité alsacienne le jour de mon mariage. »

Le jour où… nous sourirons à nouveau


En temps normal, votre cahier des sports – le troisième, le vert, celui que l’on se dispute autour de la biscotte au petit-déjeuner – relate de… sports.

Il y est question d’oppositions, de duels, de matches, de classements. De points héroïquement pris de-ci, d’autres benoîtement perdus de-là et toute sorte de futilités dérisoires qui pimentent le quotidien d’un compétiteur, qu’il soit professionnel ou amateur. De destins glorieux, hors normes, singuliers ou brisés. D’histoires de vie, en somme.

Or depuis quelque temps – un jour, une semaine, une éternité –, cette vie-là s’est figée. À l’heure où une armée de blouses blanches est engagée dans le seul combat qui vaille, celui contre la maladie et la mort, tout le reste est devenu superficiel et vain.

Au sein de notre rédaction, on a d’abord accusé le coup, un peu hébété par le caractère soudain et brutal de cette immobilisation forcée. De bien vilains mots ont ressurgi, comme « huis clos », « report » ou « annulation », utilisés habituellement en période de débordements de supporters et de sanctions disciplinaires. Puis il a fallu se résoudre à conjuguer le sport au conditionnel et à l’imparfait, le futur devenant tellement incertain.

Mais parce que les sportifs sont de grands optimistes par essence, nous avons voulu balayer le marasme ambiant en rouvrant la boîte à jolis souvenirs pour en extirper des instants fugaces de joie, des tranches de grands bonheurs ou de petits malheurs qui vont alimenter une série baptisée “Le jour où…”

La truculente histoire du mariage de Joël Tanter en marque l’ouverture. Nous la poursuivrons jusqu’à ce que le sport reprenne ses droits. Jusqu’au jour où nous sourirons à nouveau.


20 Mar 2020 20:39
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