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 Pascal Janin 
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Luzenac – Beauvais 1-1. Arbitre : M. Janin.

tiens il a changé de métier

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Le racing je suis tombé dedans quand j'étais petit,et je ne m'en suis jamais vraiment remis!!!


5 Fév 2011 13:02
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En tout cas il n'y est pas allé de main morte : quatre expulsés au final.


5 Fév 2011 13:33
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L'Alsace a écrit:
Janin, chasseur de fantôme

Il y a un an, la direction du RCS niait farouchement que Rolland Courbis ait voulu composer l’équipe avant le match couperet du 14 mai à Châteauroux. Aujourd’hui, elle reproche à l’entraîneur d’alors, Pascal Janin, d’avoir refusé de se plier aux recommandations de son conseiller occulte…

Dans son édition du 17 mai 2010, trois jours après la relégation en National, « L’Alsace » dévoile que sur instructions de la direction londonienne, l’ex-coach de Bordeaux, l’OM et Montpellier, Rolland Courbis, a soumis à l’entraîneur Pascal Janin une composition d’équipe pour le dernier match capital du 14 à Châteauroux. Dans la semaine précédant la rencontre, les joueurs ont tous, sous couvert d’anonymat, confirmé l’information. Le capitaine Guillaume Lacour a même confié avoir été appelé par Courbis le mercredi 12.

A l’époque, les révélations de « L’Alsace » provoquent un tollé général chez les dirigeants. Le président Jean-Claude Plessis et Courbis lui-même démentent catégoriquement de concert dans « L’Equipe » du 18 mai (voir ci-contre).

Un an plus tard, la direction londonienne du club reproche pourtant noir sur blanc (cf le texte « Contentieux ») à Pascal Janin d’avoir refusé de se conformer aux conseils d’un Courbis qu’elle jurait n’avoir pas sollicité. Elle s’appuie sur cette « désobéissance » pour justifier le licenciement de l’ancien coach, viré en juin 2010 à un an de la fin de son bail. Une petite « entorse à la vérité » dont les conseillers de P. Janin se délecteront lors des prochaines audiences - dès demain - et que la juridiction prud’homale appréciera sans doute à sa juste valeur. Comment faire grief à un technicien de faits supposés n’avoir jamais existé ? Voilà le difficile exercice d’équilibriste auquel devront se livrer Hilali et les autres devant les Prud’hommes.

« Ces interférences ont nui à l’équipe »

Comme Valérie Bonjour, l’entraîneur évincé a bien l’intention d’appuyer là où ça fait mal. « J’avais un poste à responsabilités et j’ai assumé ces responsabilités. Je n’ai jamais vu un entraîneur chapeauté par quelqu’un qui n’a aucun contrat, ni lien officiel avec le club, qui plus est affublé à l’époque d’un bracelet électronique sans lequel il aurait été en prison. Il faut être sérieux. Je considère que ces interférences ont nui au rendement de l’équipe et que sans elles, nous aurions peut-être pris les deux points qui nous ont manqué. Rolland Courbis a appelé certains joueurs. Vous (Ndlr : « L’Alsace ») l’aviez su. Je ne suis pas entraîneur pour me faire conseiller par quelqu’un d’extérieur au club. Si les dirigeants n’étaient plus contents de moi, ils n’avaient qu’à me remplacer. C’est la règle du jeu dans ce métier et je l’aurais accepté. Aujourd’hui, après avoir tout démenti, ils confirment que ça s’est bien passé comme vous l’aviez écrit. »

Dans le code judiciaire américain, ce revirement serait assimilé à un parjure, un délit passible de prison. La justice française n’est pas aussi sévère. Mais il lui suffira de se pencher sur les pièces du dossier d’accusation pour en relever les incohérences.

Courbis sort de l’ombre

Lundi 17 mai 2010. « L’Alsace » révèle qu’à la demande des propriétaires du Racing, Rolland Courbis, alors sous contrôle électronique après sa condamnation dans le procès des comptes de l’OM et assigné à résidence à Montpellier, a adressé le mardi précédent un fax à la Meinau détaillant la composition de l’équipe pour le match du 14 à Châteauroux. Pascal Janin a rejeté le document.

Le lendemain dans « L’Equipe », Courbis et le président Jean-Claude Plessis démentent en bloc (voir ci-dessous). Le technicien niera même tout contact avec Hilali et les autres depuis deux mois. Un an plus tard, la direction anglaise reproche à Janin de n’avoir pas obtempéré.

Voici les griefs exacts qui lui sont adressés sur le sujet : « Vu la position très inquiétante au classement du club et le manque de résultats chroniques à l’extérieur, il était du devoir de l’équipe dirigeante et de ses actionnaires de référence d’apporter des solutions. Dans ce contexte, nous avons demandé à M. Rolland Courbis, à titre gracieux, d’être le conseiller sportif du club et de faire profiter le Racing de son expérience professionnelle dans les situations de crise, de stress et de manque de résultats au niveau du foot. Comme vous l’avait confirmé Jafar Hilali […], M. Courbis, n’ayant pas le droit d’exercer en tant qu’entraîneur, ne pouvait en rien menacer votre poste. Il voulait seulement nous aider et conseiller le Racing sans aucune contrepartie. Cependant et malgré la demande qui vous en était faite par la direction, vous avez refusé de prendre en compte ses conseils et vous êtes enfermé dans une stratégie défensive à l’extrême, très destructive et inefficace. Ce faisant, vous avez manifesté de façon explicite votre refus de suivre les instructions de la direction, contrairement aux dispositions de votre contrat de travail qui indique dans son article 5.4 : Pascal Janin s’engage à respecter directement les instructions du président, du directeur général ou de leurs représentants […] ».

« Ce sont des conneries »

Lundi 17 mai 2010 donc. Les révélations de « L’Alsace » font l’effet d’une bombe à la Meinau. Le lendemain, Rolland Courbis et le président du Racing Jean-Claude Plessis jurent dans « L’Équipe » leurs grands dieux qu’elles ne sont qu’affabulations. Tout juste le consultant de RMC reconnaît-il avoir appelé Guillaume Lacour.

Un an plus tard, la direction londonienne reproche à Pascal Janin de n’avoir pas appliqué les consignes de Courbis et prouve une fois de plus que les démentis n’engagent toujours que ceux qui les croient. Voici l’extrait du quotidien sportif qui contredit la version donnée par « L’Alsace » la veille.

« L’Équipe » du 18 mai 2010. « Je l’ai appelé (Guillaume Lacour), oui, mais pour lui souhaiter bonne chance. Je n’ai donné aucune consigne », assure-t-il (Courbis). Quant à un supposé service commandé, il est catégorique : « Ce sont des conneries. Début mars, j’ai discuté avec Jafar Hilali (coactionnaire avec Fontenla). On m’a proposé de venir pour les six derniers matches, mais j’ai refusé, ça ne m’intéressait ni pour cette saison ni pour la prochaine, je ne suis pas un magicien. En tout cas, depuis deux mois, je n’ai eu aucun contact avec les dirigeants. »

Ce que Plessis confirme, au moins pour ce qui le concerne : « J’ai beaucoup d’amitié pour lui, mais franchement, vous voyez Courbis à Strasbourg, avec son bracelet électronique. Mes actionnaires sont parfois surprenants… Dès que je suis arrivé, j’ai mis le holà. Et je jure que j’ignorais que Courbis avait appelé Lacour. »

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9 Mai 2011 7:34
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c'est surréaliste comme arguments :lol: :cry:


9 Mai 2011 8:24
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L'Alsace a écrit:
Je considère que ces interférences ont nui au rendement de l’équipe et que sans elles, nous aurions peut-être pris les deux points qui nous ont manqué.

Ou comment ne pas reconnaître ses torts :roll:


9 Mai 2011 8:49
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Je dirais tort partagé quant même car peu après sa nomination au poste d'entraineur il avait commencé à demander un attaquant supplémentaire.

Sans un sous au mercato d'hiver, il n'avait reçu qu'en dernière minute l'arrivée de De Carvalho ...

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9 Mai 2011 9:50
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Janin était d'une incompétence légendaire, mais il n'était pas possible sous l'ère Ginestet de lui trouver un bon remplaçant, car le Présidieu avait une préférence pour le recrutement d'entraîneurs toujours plus mauvais que les précédents.

Quant à Moustache, qu'est-ce que c'est que ce contrat de travail débile ? "article 5.4 : Pascal Janin s’engage à respecter directement les instructions du président, du directeur général ou de leurs représentants […] »." Ils pouvaient donc lui ordonner de sauter par la fenêtre ? Ou alors les mots clés se trouvent entre les crochets [...] ?


9 Mai 2011 11:03
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L'Alsace a écrit:
Pascal Janin, l'ancien entraîneur du Racing, a choisi de rebondir au Mali

Sans club depuis son licenciement du Racing Strasbourg en juin 2010, l’ex-gardien professionnel vient de s’engager une saison comme coach du Stade malien de Bamako. A 56 ans, il vit sa première expérience à l’étranger.

Dans l’histoire mouvementée du Racing, il restera de façon plutôt injuste l’entraîneur de la descente en National. C’était en 2010. Au terme d’une saison de Ligue 2 bien plus rocambolesque en coulisses que sur le terrain, le club bas-rhinois disparaissait des deux premières divisions pour la première fois depuis son entrée dans le monde professionnel en 1933. Pascal Janin a surtout eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et d’être, comme ses joueurs, aspiré vers le fond par le tourbillon de conneries qui allait conduire le RCS à la liquidation judiciaire un an plus tard.

Deux années et demie après son éviction d’un club où il aura passé une décennie en trois périodes, l’ex-gardien pro vient de rebondir. Il a signé début novembre pour une saison avec le Stade malien de Bamako, club phare de Division 1 (1). A 56 ans, après 28 mois de chômage, il s’offre ainsi une aventure en terre inconnue.

Pascal, par quelles connexions êtes-vous devenu coach du Stade malien ?

Le président Boukary Sidibé cherchait un entraîneur français. Il gardait un bon souvenir de Kamel Djabour qui avait officié ici il y a deux ans (2). L’UNECATEF (3) m’a mis sur le coup. Le président m’a invité à passer deux ou trois jours sur place fin octobre. Il s’est montré convaincant.

La situation géopolitique délicate au Mali ne vous a-t-elle pas fait douter ?

Si, bien sûr. Je me suis posé des questions. J’ai évidemment entendu parler des événements, mais ils ont lieu pour l’essentiel au Nord du pays, très loin de Bamako. Ici, on ne se rend compte de rien. Mais c’est vrai que le récent enlèvement d’un Français à l’ouest se situe beaucoup plus près. J’ai pour consigne de ne pas me promener seul dans la campagne. Cette aventure n’est pas sans risque, mais pas excessivement dangereuse non plus. La plupart des clubs de D1 sont basés dans la capitale. Ça a pesé dans ma décision. Il n’y a guère que deux ou trois déplacements lointains et aucun dans le Nord. S’il y en avait eu, j’aurais sans doute décliné l’offre.

« En France, je n’entrevoyais pas d’issue »

L’inactivité vous pesait-elle ?

Le rôle de spectateur me pesait, oui. Aucune perspective ne s’ouvrait pour moi en France. Dès qu’un poste se libérait, la liste des prétendants regorgeait d’entraîneurs à la carrière plus prestigieuse. Peut-être aurait-il fallu que je redescende en CFA ou CFA 2, sans garantie de travailler dans de bonnes conditions. Je ne me voyais pas le faire. En France, je n’entrevoyais pas d’issue. Là, je suis tout de même au haut niveau malien. Je n’avais encore jamais connu d’expérience à l’étranger. Ça me permettra peut-être d’ouvrir d’autres portes.

Vous parlez de haut niveau malien. En Europe, on ne se rend pas bien compte de ce que ça signifie…

Le Stade malien termine tous les ans 1 er ou 2 e. Il dispose de jeunes joueurs prometteurs et de qualité qui rêvent d’évoluer en Europe. J’ai récemment visionné des DVD de la Ligue des Champions africaine que le club joue régulièrement. Ils ont lieu devant 50 000 spectateurs (4), avec une très forte pression. Je me sais plus près de la fin que du début de ma carrière et ce n’est pas tous les jours qu’on peut entraîner un club de haut de tableau.

« Je suis parti seul, c’est le plus pénible »

Dans quelles conditions travaillez-vous ?

Ici, il faut oublier le confort des clubs français. Depuis que je suis là, c’est l’hiver, mais il n’a jamais fait moins de 30°. Les vestiaires tels qu’on les connaît chez nous n’existent pas, le matériel des pros non plus. Mais ce n’est pas le foot des rues. Il y a le minimum pour bien travailler. Les joueurs sont tous pros. Nous avons trois terrains d’entraînement en herbe. Je suis épaulé par un adjoint qui a été gardien de l’équipe nationale et connaît bien l’effectif. Je m’adapte.

L’éloignement n’est-il pas difficile à vivre ?

Je suis parti seul. C’est l’aspect le plus pénible. Il ne m’était jamais arrivé d’être aussi loin de mon épouse qui est restée à Ostwald. Aussi longtemps surtout. Mais bon, je devrais rentrer 8 à 10 jours en France à Noël et le président devrait m’accorder une pause tous les deux mois et demi. En plus, avec mon épouse, on s’appelle tous les jours en vidéo par Skype. Récemment, alors qu’elle était en visite chez mon fils à Paris, elle a posé l’ordinateur sur la table et nous avons mangé tous ensemble, à des milliers de kilomètres de distance.

Après un mois, estimez-vous vous être adapté ?

Au départ, le président voulait que je m’engage deux ans. Mais je lui ai répondu que je devais d’abord voir si j’étais capable de m’adapter au pays, au club et au football d’ici. Je dois avouer que la première semaine, le choc culturel a été violent. Ici, tout le business se fait dans la rue. A un moment, je me suis dit : « Vais-je tenir ? » Mais j’ai franchi le cap. En fait, mon corps était à Bamako, mais ma tête, encore à Strasbourg. Maintenant que mon esprit est ici aussi, je ne vais pas vous dire que je me sens chez moi, mais je vis sans trouble.

(1) 17 titres, 17 Coupes nationales, une Coupe de la confédération africaine.

(2) Le technicien franco-algérien, un temps adjoint de Jean-Guy Wallemme à l’AJ Auxerre, vient de succéder à ce dernier à la tête de la sélection du Congo.

(3) Union Nationale des Entraîneurs et Cadres Techniques professionnels du Football.

(4) Le stade du 26 mars, où évoluent le Stade malien et l’équipe nationale, peut contenir 55 000

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28 Nov 2012 9:03
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L'Alsace a écrit:
Baptême victorieux

Au Mali, la saison 2012-2013 de Division 1 s’est ouverte ce week-end avec, pour le Stade malien, un déplacement victorieux à Bakaridjan, club de Ségou, ville de 130 000 habitants située à 240 km à l’Est de Bamako. Les hommes de Pascal Janin se sont imposés au stade Amary Daou, construit pour la Coupe d’Afrique des Nations 2002 et d’une capacité de 15 000 places, sur le plus petit des scores (1-0). « Ça a été une vraie expédition », raconte Pascal Janin, pourtant parti dans le confort du 4x4 de Cheik Diallo, l’ancien attaquant de Cannes, Troyes, Laval et Metz (184 matches en D1 française) aujourd’hui directeur sportif du grand club de Bamako. « En fait, mes joueurs ont rallié Ségou en bus dès vendredi après-midi pendant que je restais au club pour entraîner l’autre partie du groupe. Je les ai rejoints samedi. Mais comme il y a des travaux sur 80 km entre les deux villes, nous avons mis plus de quatre heures. En fait, on s’est tapé 80 km de piste avant de retrouver le bitume troué comme du gruyère (rires). »

Un mois après son arrivée sur place, l’ex-coach du Racing Strasbourg découvre encore les spécificités de la vie au Mali. Surpris au début, il s’en nourrit désormais. « On m’a expliqué que la rivalité était terrible entre les deux grands clubs du pays et de Bamako, Djoliba et le Stade malien. Quand on est à l’extérieur, nos fans vont supporter l’adversaire de Djoliba qui joue à domicile. Et inversement. Ici, les entraînements sont payants. La somme est symbolique, mais tout de même. Et il y a entre 300 et 500 spectateurs à chaque séance. C’est fabuleux. Quoi qu’il arrive, je suis aujourd’hui convaincu que si je passe toute l’année au Mali - je dis ‘’si’’ parce que je sais qu’en football en général et en Afrique en particulier, ça peut aller vite -, je ne regretterai jamais cette expérience. »

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28 Nov 2012 9:03
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L'Alsace a écrit:
Pascal Janin : « Je ne me sens pas en danger au Mali »

Entraîneur depuis début novembre du Stade malien de Bamako, leader du championnat de première division, l’ancien coach du Racing Strasbourg Pascal Janin vit de l’intérieur le conflit qui secoue le pays depuis le début de l’intervention française.

Après une adaptation difficile, mais réussie, qu’il confiait dans « L’Alsace » du 28 novembre, l’ex-entraîneur du Racing Pascal Janin (56 ans), aux manettes depuis début novembre du Stade malien de Bamako dont il a fait un solide leader (1), apprend désormais à composer avec le conflit qui agite le pays. Seul technicien français en poste en Division 1, il n’envisage pas pour l’instant de mettre un terme prématuré à sa première expérience à l’étranger.

Pascal, la question peut paraître anodine, mais au regard du contexte géopolitique au Mali, elle ne l’est nullement : comment allez-vous ?

Très bien. C’est l’une de mes préoccupations quotidiennes que de le faire savoir aux miens. Ma femme est un peu inquiète, mes enfants aussi. Je suis en contact avec eux plusieurs fois par jour pour qu’ils voient que je suis en parfaite santé et vis sans angoisse.

À votre arrivée début novembre, vous saviez que la situation intérieure était plus que tendue. Mais imaginiez-vous une seconde vous retrouver au cœur d’un conflit armé quelques semaines plus tard ?

À l’époque, le président du Stade malien Boukary Sidibé ne m’a pas dit que les rebelles étaient aussi proches de Bamako. Je croyais qu’ils étaient basés à 1000 km au moins. En réalité, ils ne sont pas très loin de Ségou où nous avons joué notre premier match de championnat. 5-6 heures, pas plus, et encore, parce que la route est en réfection. Que la France soit intervenue pour éviter qu’ils ne se rapprochent encore est un soulagement pour toute la population malienne.

« Ici, la cote des Français est montée »

Votre quotidien a-t-il changé depuis l’intervention française ?

À Bamako, les changements sont imperceptibles. Certains grands hôtels sont protégés, mais ils l’étaient déjà avant la guerre. La présence de l’armée n’est pas plus marquée. Je crois même que le Français que je suis est aujourd’hui moins en danger qu’avant que la France ne s’engage militairement au Mali.

Pourquoi ?

Précisément parce que les Maliens attendaient de l’aide. Ils sont heureux et le montrent en agitant des drapeaux français dont la vente s’est multipliée. Dans un pays où tout le monde essaie de gagner le moindre sou pour vivre mieux, tous les prétextes sont bons. Des vendeurs à la sauvette proposent le drapeau français un peu partout (2). J’ai moi-même acheté deux drapeaux, l’un français, l’autre malien, et les ai collés sur le pare-brise de ma voiture pour bien montrer dans quel camp je suis. Ici, la cote des Français est montée en flèche.

Vous êtes revenu en France à Noël. Avez-vous hésité à repartir ?

Non, parce que rien, alors, ne laissait présager une guerre imminente. En revanche, au moment où la France est passée à l’action, j’étais en séminaire au Caire avec la CAF (3) et j’avoue qu’avant de rentrer à Bamako, je me suis posé des questions. Mon président m’a assuré qu’il n’y avait pas plus de risque pour ma sécurité qu’avant.

« Je n’ai aucun regret »

En êtes-vous aujourd’hui convaincu ?

Les autorités françaises ont conseillé à leurs ressortissants qui n’avaient rien de spécial à faire au Mali de quitter le pays. Moi, j’ai un contrat de travail. Encore une fois, je ne me sens pas en danger, même si je suis conscient que des actes terroristes isolés des rebelles, en guise de représailles, sont toujours possibles. Je ne me balade pas le soir. Dans la journée, je ne sors jamais seul. Je ne ferai le choix de rentrer que si je me sens menacé ou si le gouvernement français ordonne l’évacuation. J’ai des dirigeants, des joueurs, un club. Pour eux, je me dois de rester. Bien sûr, si je devais vivre caché et rester consigné dans ma maison, je m’en irais. Ce n’est pas le cas. Il n’y a aucun signe avant-coureur d’un danger immédiat. Mais je sais que la situation peut évoluer très vite. Aujourd’hui que les frappes aériennes françaises sont terminées, on entre dans une phase de combats terrestres. Dans un environnement hostile, l’affrontement peut dégénérer en conflit larvé, avec des rebelles qui se fondent dans la population, donc plus difficiles à combattre et plus que jamais déterminés.

Le championnat de football est-il impacté par la guerre ?

Non, pas vraiment. Toutes les équipes sont désormais concentrées sur Bamako où la plupart était déjà installée. Un club du Nord du pays, situé en zone rebelle, a récemment rejoint la capitale. La seule chose qui change, c’est qu’on joue toujours à domicile. Pour le reste, on s’entraîne comme avant. Les joueurs ne semblent pas particulièrement affectés, même s’ils ne sont pas insensibles.

Les rencontres font-elles l’objet d’une surveillance accrue des forces de l’ordre ?

Oui. Mais pas à cause de la guerre. Surtout parce que les supporters maliens sont très chauds. Policiers et militaires sont plus là pour les canaliser que pour prévenir une attaque terroriste.

Dans « L’Alsace » du 28 novembre, vous déclariez que quoi qu’il puisse arriver, vous ne regretteriez pas votre expérience au Mali. Vous maintenez ?

(Il sourit) Absolument. Comme je l’avais dit à l’époque, m’adapter au mode de vie malien n’a pas été simple. Depuis, c’est une affaire réglée. Je ne pouvais juste pas prévoir que le pays entrerait en guerre deux mois plus tard. Le conflit marquera mon expérience ici. Mais je n’ai toujours aucun regret.

(1) Après 9 rencontres, le Stade malien, où P. Janin a signé un an, affiche huit victoires et un nul au compteur. Il a assuré son 8e succès vendredi soir contre l’Office du Niger Sports (2-0) et possède sept points d’avance sur son dauphin, le champion Djoliba.

(2) Même s’il reste modeste, le prix des drapeaux français a été multiplié par deux ces derniers jours à Bamako.

(3) Confédération Africaine de Football.

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21 Jan 2013 14:37
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