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« Toute l'actualité du Racing Club de Strasbourg Alsace vue par ses supporters »
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 [Ex] Jacques Glassmann 
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Inscription: 16 Mai 2003 23:27
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Après l'affaire VA - OM, il a vécu sa vie « en regardant droit devant »

On a lu et entendu tant sur Jacques Glassmann ! Que son départ vers la Réunion était une fuite. Qu'il avait voulu tourner le dos à  l'affaire VA - OM en mettant dix mille kilomètres entre lui et le déchaînement médiatique... Faux et archi-faux, reprend l'intéressé quinze ans après.

Les cheveux ont légèrement blanchi, mais l'allure générale n'a pas changé : sur ce long corps un rien dégingandé, le même visage anguleux, la même tignasse coupée au bol... Aujourd'hui, Jacques Glassmann s'occupe de la reconversion des joueurs de football après avoir longtemps négligé la sienne. Et donc, non, il ne s'est pas « exilé » à  Sainte-Rose, sur la côte est de la Réunion, où la pluie dégringole si souvent. Là -bas, « le projet m'a séduit », dit-il. Point barre.

Cette affaire qu'il ne nomme pas, et qu'on résume en quatre lettres (VA - OM), l'ancien défenseur central certifie l'avoir mise de côté, l'avoir vite dépassée. « J'ai continué ma vie en regardant droit devant. » À l'époque où le scandale avait éclaté, en mai 1993, il y avait de quoi perdre les pédales. Loin du tumulte, « quand on se retrouvait le soir avec mon épouse, on se disait : "Ce sont les autres qui sont dingues." » Ils n'avaient pas tout à  fait tort. Si l'on remet « les choses à  leur place réelle », il ne s'agissait de rien d'autre, après tout, que « d'une histoire de corruption en entreprise comme il en arrive tous les jours (sic) ».
Une autre voie

Revenu vivre dans ce Valenciennois, où il tira un trait sur une honnête carrière de joueur professionnel en 1994, au terme de six saisons passées sous le maillot rouge de VA, Jacques Glassmann n'a pas tourné le dos au football. Il a passé tous ses diplômes jusqu'au DEF (celui d'entraîneur fédéral) dans l'idée de devenir éducateur. Une première expérience avortée au Racing-club de Strasbourg a remis le projet à  plus tard. Ou peut-être pas.

Jacques Glassmann n'a rien planifié. Il suit une autre voie qui, aujourd'hui, lui convient « totalement ». Elle lui fait sillonner, depuis 2002, le grand nord-est de la France pour le compte d'Europ Sports Reconversion, émanation de l'UNFP, le syndicat des footballeurs professionnels.

Partant du principe « qu'on ne laisse jamais tomber un joueur de foot, quelle que soit sa situation », l'Alsacien de naissance se lève chaque matin avec cette obsession en tête, et ses convictions d'honnête homme : « Trouver une solution aux problèmes que l'on me présente. » Aider les joueurs à  ne pas subir l'après-carrière, cette soi-disant « petite mort » que Jacques Glassmann abhorre. « Dans mon esprit, ça n'est pas du tout ça, il faut gommer cette vision négative. Les sportifs de haut niveau sont tout à  fait capables de faire autre chose, de tourner la page. » La preuve par... Glassmann.

SEBASTIEN CHEDOZEAU

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L'histoire est en marche ...


21 Juin 2009 11:17
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C'est vraiment tout ce qu'on a à  se mettre sous la dent ce matin ? :shock: :lol:


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A Phalsbourg, une salle de sport porte son nom.

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Sans la liberte de blamer il n'y a point d'eloge flatteur.


21 Juin 2009 14:39
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dna a écrit:
QUE DEVIENS-TU…
| Jacques Glassmann, ancien footballeur professionnel qui a révélé l’« affaire VA - OM » Jacques Glassmann, la paix du brave

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Vingt-sept ans après s’être retrouvé au cœur de la tourmente pour avoir dénoncé la tentative de corruption en marge du match VA-OM, le Mulhousien Jacques Glassmann mène une existence plus paisible entre sa famille et son activité à l’UNFP, où il est en charge de la reconversion des joueurs pros.

Peu avant l’heure du rendez-vous, fixé en fin d’après-midi, dans le cœur tumultueux de Paris, on s’est souvenu de son visage émacié, anguleux et grave, un peu perdu à l’entrée de tribunaux cernés de photographes, d’avocats, de micros et de badauds. On s’est remémoré la fièvre et la stupeur de ce printemps de 1993 au cours duquel il se dressa seul contre tous, révélant au grand jour une tentative de corruption régentée par l’OM de Bernard Tapie et envoyant par la même occasion au diable les règles d’un « foot business » pourri jusqu’à la moelle.

Peu avant l’heure du rendez-vous, on s’est rappelé à quel point Jacques Glassmann, né à Mulhouse le 22 juillet 1962, avait marqué l’histoire du foot et du sport en général. Pour tout dire, on avait hâte.


Vingt-sept ans après « l’affaire », c’est un homme aux traits légèrement arrondis par le temps, et « avec une petite dizaine de kilos en plus », que l’on retrouve attablé devant un « café noisette ». La frange qui masque son front et l’intensité du bleu de ses yeux sont restées les mêmes, mais l’expression du regard a changé. Elle s’est adoucie.

Venu pour deux jours dans la capitale, essentiellement pour des réunions au siège de l’UNFP ( l’Union nationale des footballeurs professionnels ), pour qui il travaille désormais, Glassmann a fait « une exception » en acceptant notre sollicitation. Depuis quelque temps, il assure ne plus donner suite aux demandes d’interviews. Du moins quand celles-ci sont destinées à rouvrir une plaie cicatrisée et une affaire classée.

« Même Netflix m’a contacté il y a peu »


« Même Netflix m’a contacté il y a peu, je ne sais pas ce qu’ils voulaient faire, dit-il d’une voix posée. Depuis ma première audition devant le juge, j’ai dit toute la vérité. Je n’ai jamais retiré un seul mot à ma déposition. Et le déroulé de l’enquête m’a donné raison. Ça fait longtemps qu’il n’y a plus rien à dire sur le sujet et que toutes les personnes mêlées à cette affaire ont appris à vivre avec leur conscience ».
Durant les deux heures de l’entretien, Glassmann ne prononcera jamais aucun nom lié au scandale et s’arrêtera net à deux ou trois reprises au milieu de ses phrases, préférant « ne pas en dire plus ». S’il a consenti à s’exprimer, ce n’est pas pour se replonger dans l’épisode « VA-OM », mais pour raconter celui qu’il est devenu depuis. Ou plutôt celui qu’il n’a jamais cessé d’être. Un mec simple, discret et bosseur. On ajouterait volontiers « honnête », mais l’intéressé refuse l’étiquette. « Je ne suis pas un justicier et je ne suis pas plus “un mec bien” qu’un autre. Je n’ai pas changé le monde, j’ai juste fait un truc qui correspondait à mes valeurs. »
« Trahir mes principes, pourquoi faire ça ? »

Élevé dans la foi catholique d’une modeste famille alsacienne installée à Bourtzwiller, petit Jacques a toujours pris soin de rester sur les rails et de grandir sans faire de bruit. Enfant introverti, il est le premier surpris d’être recruté par le RC Strasbourg après quatre années au FC Mulhouse, de signer pro et de devenir champion de France avec le Racing à seulement 16 ans. « Avec les effectifs actuels de 40 ou 50 joueurs dans chaque club, je ne serais jamais sorti du lot », glisse celui qui a toujours été insensible à la gloriole de devenir footballeur. « Ce qui me faisait vibrer moi, c’était le jeu. J’étais timide, c’était ma façon de m’exprimer. »
Ce sont les fruits de cette éducation et de cet amour pur et exigeant pour le foot qui ont rendu impossible l’idée de « lever le pied » durant un match, même avec une carotte empoisonnée de 200 000 francs. « Trahir mes coéquipiers qui n’étaient au courant de rien, trahir les supporters de Valenciennes qui vivaient pour nous, trahir mes principes, sérieusement, pourquoi faire ça ? »

On connaît la suite, même si on ne peut imaginer vraiment les retombées de ses révélations. Comment vivre avec un policier posté devant la maison, avec des insultes et des banderoles infâmes dans chaque stade, avec des pièces lancées en plein visage, avec des menaces de mort, avec des « balance » ou « vendu » lâchés jusque dans la rue ou des salles de cinéma ?

Lui préfère retenir aujourd’hui les milliers de lettres de soutien qu’il a reçues et gardées précieusement. Évoquer « l’oubli » et sa volonté de ne « jamais être dans le jugement ». Parler aussi de cette main tendue par Joël Delpierre qui lui proposa de bosser avec lui dans la reconversion des footballeurs, au moment même où tout était à reconstruire.
« Je ne suis pas dans les chiffres, je suis dans l’humain »

Ce poste, il l’occupe toujours 18 ans plus tard. Aujourd’hui, il est même devenu le responsable du service « Europ Sport Reconversion », filiale de l’UNFP. Un job sur mesure. « Je ne suis pas dans les chiffres, je suis dans l’humain, dans le concret. Le côté social m’intéresse. Quand on parle des footballeurs, on pense à des enfants gâtés, mais la réalité est tout autre. Beaucoup ont besoin d’être accompagnés, conseillés et aidés. J’aime ce que je fais. Ma “deuxième vie’’ est dans la continuité de la première : je suis en accord avec moi-même. »

La “troisième’’ arrivera probablement dans « trois ou quatre ans », à l’heure de la retraite. L’ancien défenseur imagine que rien ne devrait changer vraiment. Il se voit bien poursuivre sa paisible existence dans son coin de verdure, quelque part entre Lille et Valenciennes. Faire un peu de vélo et de longues marches au côté d’Audrey, son épouse. Venir de temps en temps à Strasbourg visiter sa fille Laëtitia et sa petite-fille de deux ans. Regarder l’un ou l’autre match de foot à la télé. Profiter du temps qui reste. Sans regret ou amertume. Sans illusions non plus, et sans rancune. Bref, la conscience tranquille.
SON MEILLEUR SOUVENIR "J'étais l’enfant de Bourtzwiller »

« Mes trois années passées au FC Mulhouse en Division 2, entre 1984 et 1987, ont été magnifiques. Au niveau du jeu, c’était vraiment génial. On s’entendait à merveille et on enchaînait les victoires 3-0 ou 4-0. On prenait du plaisir sur le terrain et en dehors. Jouer avec un mec comme Salah Assad, c’était top, il était incroyable. Je n’oublie pas non plus des garçons comme Gérard Bernardet, Yves Ehrlacher ou Faouzi Mansouri. J’avais de bonnes relations avec Raymond Domenech, même s’il n’était pas toujours facile en tant que coach, et avec le président André Goerig. Il y avait une ambiance extraordinaire au stade de l’Ill. Toute la ville était derrière nous. Moi, on m’aimait bien parce que j’étais l’enfant de Bourtzwiller. »
SON PIRE SOUVENIR "J'étais sûr que tout était fini"
« Je ne vais même pas évoquer l’affaire VA-OM parce qu’au fond de moi-même, j’ai plus souffert de ma blessure au genou lors de mon passage au Racing Strasbourg. En 1984, pendant un entraînement, Sissi Ouattara me cogne sur le côté. Bilan : écrasement du nerf sciatique et paralysie du bas de la jambe. Le diagnostic a mis longtemps à être établi. J’ai eu le temps de m’imaginer la fin de ma carrière alors qu’elle venait seulement de commencer (18 ans). J’étais sûr que tout était fini. J’ai finalement mis six mois à m’en remettre. Et encore, quand j’ai repris, je ne jouais qu’avec un pied. Suite à cette blessure, le coach (l’Allemand Jürgen Sundermann) ne m’a plus aligné alors que j’avais joué six fois titulaire lors des six matches qui avaient précédé. J’ai demandé à partir au FC Mulhouse sans indemnité. »
VU PAR… Zivko Slijepcevic, ex-coéquipier à Valenciennes

« Même ses affaires étaient toujours nickel »

« Jacques ? C’est l’ami qu’on rêve d’avoir. Je ne connais personne de plus loyal, de plus gentil et de plus bienveillant que lui. Quand je suis arrivé à Valenciennes en 1990, c’était difficile. Je ne maîtrisais pas la langue. Alors il m’a pris sous son aile. Il m’invitait toujours chez lui. On passait énormément de temps ensemble. On arrivait deux heures avant l’entraînement pour se retrouver et prendre le café. Il ne méritait tellement pas de se retrouver dans cette affaire. C’était très dur pour moi de le voir souffrir. Heureusement qu’il a été soutenu par ses proches. D’autres auraient sombré. Mais même lorsqu’il était au cœur de la tempête, il prenait des nouvelles de moi et de ma famille qui vivait la guerre en Yougoslavie. Il savait que c’était dur pour moi aussi. Jacques, c’était la classe. Même ses affaires étaient toujours nickel, rangées, propres et pliées ! Il était méticuleux dans tout. Il n’était jamais en retard. Tout ce qu’il faisait, sur le terrain comme en dehors, était rigoureux. Mais attention, il savait déconner. Je me souviens qu’un jour, on a joué aux courses hippiques ensemble car il adorait ça. C’était en 1992, pour le Prix de l’Arc de Triomphe. Moi, je vois le nom d’un cheval qui s’appelle “Subotica”. Je lui dis, c’est le nom de ma ville en Yougoslavie ! Alors on a misé dessus et bim, c’est lui qui gagne ! Bon, on n’avait pas misé beaucoup, dommage. Je suis si heureux qu’il ait retrouvé son bonheur… »
BIO EXPRESS
Jacques GLASSMANN
● Né le : 22 juillet 1962 (57 ans) à Mulhouse
● État civil : marié, une fille (36 ans) et une petite-fille
● Domicilié à : Saint-Amand-les-Eaux (Nord)
● Taille : 1,85 m ; Poids : 82 kg
● Clubs successifs : FC Mulhouse (1973-1977), RC Strasbourg (1978-1984), FC Mulhouse (1984-1987), Tours (1987-1988), Valenciennes (1988-1994), Maubeuge (1994-1995), Sainte-Rose (Réunion, 1995-1998).
● Poste : défenseur central
● Profession actuelle : responsable du service « Europ Sport Reconversion » (filiale de l’Union nationale des footballeurs professionnels), spécialisé dans la reconversion des footballeurs pros
● Palmarès : champion de France avec le RC Strasbourg (1979), montée en Ligue 1 en 1992 avec Valenciennes.
● Distinction : Prix FIFA du fair-play (1995).
La phrase
« Je ne tire aucune gloire de ce que j’ai fait. Je ne me considère absolument pas comme quelqu’un de plus honnête ou de plus droit qu’un autre. J’ai juste refusé de faire quelque chose qu’on ne m’avait jamais appris : tricher. »
"Un jour, footballeur, ça s'arrête"

« Aujourd’hui, mon boulot est de proposer à tous les joueurs, joueuses et même arbitres pros de les accompagner dans leur reconversion. Nous en suivons entre 500 et 600 actuellement, dont 300 sont toujours en activité. L’essentiel pour nous est de répondre à leurs attentes et d’être à leur écoute. On intervient d’abord dans les vestiaires des clubs. On prend juste quelques minutes pour se présenter. Puis on propose des rendez-vous individualisés, chez eux. Ils peuvent s’appuyer sur nous à n’importe quel moment. Ils ne sont forcés à rien, mais on peut répondre à tous leurs questionnements. Nous sommes formés pour cela, pour les écouter et les aiguiller. On est un peu là pour leur dire : ‘‘Profitez à fond, donnez la priorité à votre carrière, mais ne perdez jamais de vue que ça s’arrête un jour’’. On ne leur fait pas peur. On les prévient. C’est mieux d’avoir quelques compétences quand on s’arrête… »


13 Fév 2020 6:19
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